En secret

Layton 4. — Je l'ai en main, ce Professeur Layton et l'Appel du Spectre, quatrième épisode des aventures du célèbre archéologue et « énigmologue » sur Nintendo DS (voir ICI et ). À la longue, on pourrait presque imaginer qu'il s'agit d'une publicité déguisée de ma part (ce qui serait pour le moins exceptionnel et décevant dans ce journal), mais non ! Je suis simplement hanté par ce jeu : il faut que je trouve la solution de chaque énigme au plus vite avant de passer à autre chose. La société éditrice Level-5 a annoncé que le prochain numéro (le sixième de la lignée), intitulé Professeur Layton et l'Héritage de la Supercivilisation A, sera le dernier de la série : de quoi me plonger dans un horrible marasme...
Ruban isolant. — Qui aurait pu croire que la combinaison d'un rouleau de ruban isolant et d'une guitare électrique donnerait ce son- ? Avec l'album Shields de Grizzly Bear, An Awesome Wave d'Alt-J constitue à n'en pas douter l'une de mes plus belles découvertes musicales de l'année 2012.
 
En secret. — En ce moment, Gaëlle parle beaucoup de son cerveau comme d'un intermédiaire qui travaillerait pour elle mais dont les opérations se feraient partiellement en arrière-plan, sans qu'elle en ait conscience (comme tout le monde, oui, mais en l'occurrence, c'est surtout le fait de le constater de vive voix qui est amusant et curieux) : « Mon cerveau me dit que la réponse à cette énigme est "4", mais je ne sais pas expliquer pourquoi ! » ou « Ce n'est pas moi qui ai retenu ce numéro, c'est mon cerveau qui l'a fait tout seul ! » Son discours est à rapprocher de celui de cette vieille militante syndicale (voir ICI) qui affirmait que son cerveau « travaillait en secret » (une très belle expression).
En secret, II. — « Oh, tu peux être certaine que c'est de cette manière que ça s'est passé ! » Et voilà que nous nous mettions alors à reconstituer la façon dont une série d'événements et de prises de décision s'étaient sans doute déroulés, et ce, à partir de quelques éléments disparates, quelques indices considérés comme significatifs par d'inconnus processus cognitifs inconscients. Aucune preuve, aucune démonstration, juste un « c'est comme ça » difficile à expliquer. (Voilà une bonne manière de se tromper sur les autres, d'imaginer les histoires les plus folles, voire de sombrer dans la paranoïa... Mais quand il s'est avéré que nous avions raison, parfois, ah ! Quelle satisfaction !)

Dans le saloon de ma conscience. — Il me téléphone à plusieurs reprises. Fidèle à ma promesse, je ne décroche pas et néglige ses deux messages laissés sur le répondeur. Ensuite, je coupe tout bonnement mon téléphone pour le reste du week-end. Cette campagne de suppression peut paraître extrêmement sévère mais elle constitue néanmoins — j'en suis convaincu — le seul moyen de me débarrasser de cette amitié qui m'étouffe et ne m'apporte rien d'autre que l'observation rapprochée d'un narcissique compulsif. « Oh, comme il doit être malheureux ! Il ne mérite pas un tel mépris ! », se plaint cette part de ma conscience soucieuse du bien-être des autres, tandis que l'autre, celle qui depuis des décennies tente de dégommer tout ce qui n'est pas rigoureusement authentique, débarque et la descend d'un coup de fusil. « Le mérite n'a rien à voir avec ça », sort cette dernière, dédaigneuse, impitoyable même ! Elle a sans doute raison, pour une fois. — Une intuition : il a ensuite passé un coup de fil à Mary. S'il ne l'a pas fait, je bouffe ma casquette Yonex !

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