Iona (photos)

Iona est une petite île (à peine dix kilomètres carrés) détachée de l'île de Mull par un détroit d'environ deux kilomètres nommé tout naturellement the Sound of Iona. C'est là que nous dépose le bateau après notre voyage sur l'incroyable îlot volcanique de Staffa. Si ce dernier laisse une impression générale de violence avec ses reliefs escarpés sortis de terre il y a environ 60 millions d'années, Iona, à l'inverse, respire le calme et la tranquillité. C'est une île au relief très doux, dont les roches, datant du précambrien (c'est-à-dire d'avant « l'explosion cambrienne » d'il y a 542 millions d'années), ont eu pas mal de temps pour être sculptées par l'érosion. Cette « tranquillité géologique » se reflète jusque dans le statut particulier — mais beaucoup plus éphémère — de ce morceau de terre : Iona est en effet considérée comme l'une des îles les plus sacrées d'Europe et comme un bastion de la chrétienté. C'est sur cette île que le missionnaire irlandais Colomba a fondé, en 563, le monastère qui a servi de base à la (re)christianisation du Nord de la Grande-Bretagne, les élites pictes du coin semblant avoir été dans un premier temps réfractaires à une évangélisation sur le long terme (on les comprend). C'est également le lieu où sont enterrés plusieurs rois d'Écosse, dont le fameux Macbeth. — Personnellement, je trouve cette île morne et triste et c'est bien la première fois que je ressens les nuages écossais comme une chape de plomb. C'est peut-être le côté trop plat de l'île, contrastant avec ce bloc sauvage et dur qu'est Staffa, qui m'a laissé cette impression de fadeur. C'est peut-être aussi tout simplement son côté chrétien. Les quelques photos prises là-bas sous la pluie paraissent un peu brumeuses, non pas seulement à cause de la brume, mais aussi de la condensation dans l'objectif. J'en publie quelques-unes pour mémoire, mais je ne les aime pas1.




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1 À l'exception d'une photo de ma fille sous un parapluie, devant un mur du couvent d'Iona, que je ne montrerai pas ici.

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