Archives annuelles : 2012

All clean, Sir!

20.0. J'envoie toute cette numérotation moribonde aux oubliettes... Elle s'avère beaucoup trop artificielle et n'apporte strictement rien à l'ensemble. — « De toute façon, ce ne sera pas la première fois que ton blog change de forme ! » En effet.
Aujourd'hui, samedi 18 août 2012, l'heure est au grand nettoyage, et à mon retour à Bruxelles. Maman et moi prenons le chemin de la capitale avec pour objectif principal de remettre à neuf mon appartement.
Sur le trajet, nous nous arrêtons au Lunch Garden de Waterloo. C'est le restaurant de prédilection de ma mère, va savoir pourquoi ! Personnellement, j'ai toujours eu le plus grand mal à comprendre ce qui pouvait l'attirer dans ce haut lieu de perdition gastronomique... Sont-ce les pommes de terre en bocal mal cuites ou bien les salades dures comme le roc ? À moins que ce ne soient les délicieuses semelles de viande noyées dans leur sauce ? (Point positif : c'est tout de même moins répugnant que les horribles boulettes scandinaves de chez IKEA.)

Un vieux monsieur dans les toilettes du restaurant : « Je venais manger ici tous les samedis avec ma femme, depuis des années... Mais elle est morte l'an dernier... Alors je continue à venir, seul, en sa mémoire. »
À mon appartement. — Mes amis savent que je peux être maniaque pour une broutille, mais s'ils connaissaient ma mère, ils se rendraient vite compte que me traiter de « maniaque » est pour le moins totalement disproportionné... Maman traque les poussières jusque dans leurs derniers retranchements et rétablit l'ordre et la symétrie partout où elle passe. — Tu verrais ma chambre après son passage ! Ce n'est plus une chambre, c'est un sanctuaire !

Que dire de cette journée si ce n'est que je range et que je trie ?... Je classe les centaines de bandes dessinées dans leur étagère, je remets en ordre ma bibliothèque, je fais le tri dans tous ces papiers accumulés au fil des mois. Avec toutes les conneries que j'ai entassées depuis des lustres, je pourrais allumer un immense feu de joie.

Au coucher du soleil, tout est en ordre. La moindre poussière est maîtrisée. Chaque livre est à sa place. Les pièces d'échecs sont bien au centre de leur case. La cuisine a repris ses couleurs d'antan. La salle de bain est si éclatante que s'y rendre est un véritable supplice pour les yeux. Ma mère reprend alors la route de la maison, me laissant seul dans cet appartement tellement propre que j'ai peur de le souiller par ma seule présence.

19bis. 17§

19bis.1. Hier, dans mon wagon, un jeune gars semblait captivé par un roman de Bernard Werber... Du moment qu'il lit, l'expérience ne peut être que positive et enrichissante !

19bis.2. Tout comme Isaac Asimov, Bernard Werber ne se démarque pas spécialement par la brillance de son style. Qui s'en soucie ? Car l'auteur (et c'est lui-même qui le dit) met d'abord en avant des idées.
19bis.3. Éric-Emmanuel Schmitt, Marc Levy et Bernard Werber ont indubitablement des points communs, et ceux-ci ne se résument pas uniquement à leurs succès littéraires respectifs. Non : ils placent tous les trois au centre de leurs textes l'humain, l'émotion et le mystère existentiel !
19bis.4. « Pourquoi ? Pourquoi faut-il que tu sois toujours si positif en tout ? » — C'est faux, c'est faux ! N'as-tu donc pas lu ce que j'ai écrit hier ? Tout, absolument tout, était broyé par le moulin du cynisme, de la critique et de l'élitisme !

19bis.5. N'as-tu donc jamais lu, à d'autres endroits de ce journal, ce que j'ai écrit sur les personnages formatés des films d'animation en provenance des grands studios américains ?... Et cette horreur que j'ai rédigée sur le pessimisme, il y a une quinzaine de jours ?... Et ces écrits dans lesquels j'explique que je suis moralement abattu et ne fais rien d'autre que regarder Les Pingouins de Madagascar en sirotant des bières ?... (Si je suis positif vis-à-vis de la lecture en général, c'est parce que j'ai moi-même beaucoup lu et que je connais tous les bienfaits que cette pratique peut apporter au quotidien.)
19bis.6. Lu dans les toilettes d'un train : « You are in a metal snake, on a rock floating through space. » — Une description concise et réaliste de la présente situation.
19bis.7. Pendant que je travaillais, une candidate du FDF (Fédéralistes démocrates francophones) s'est présentée à la maison pour exposer son programme en vue des élections communales à venir. Paraîtrait qu'elle a été reçue par mon père. — Mon papa a ses idées (marxistes), mais il sait accueillir les gens.
19bis.8. Ladite candidate a parlé de son implication au sein d'une association dédiée à l'alphabétisation. — Elle n'est pas du même bord politique que nous et mes parents ne voteront certainement jamais pour elle, mais elle a le courage de venir frapper à toutes les portes... et le mérite de s'impliquer dans des projets communaux ! Et ça, c'est quand même très chouette !

19bis.9. Cette dame a bien raison de mettre l'alphabétisation sur le tapis. La lecture permet de comprendre le Monde, et comprendre le Monde est une condition sine qua non à toute démocratie !

19bis.10. Ses paroles s'inspirent de temps à autre des bruissements du discours populaire ? Et alors ? Peut-être est-ce simplement la preuve qu'elle est à l'écoute du peuple ?

19bis.11. À la question « C'est quoi le malheur ? » postée par mon père sur Facebook, un de ses amis a répondu : « Ces d'etres gouverné par des incapables!!!!! » — Il serait aisé de critiquer l'orthographe du commentaire, et aussi de railler la naïveté d'un tel discours... Mais c'est oublier que chaque individu a sa place dans notre société et qu'il convient d'être à l'écoute de tous, y compris de ceux qui n'ont pas appris à structurer leurs pensées. Plutôt que de prendre un tel message avec condescendance, pourquoi ne pas essayer d'accompagner le bonhomme dans la construction d'une plus grande conscience politique ?
19bis.12. Mon père approuve : « Ce gars, il ne sait pas écrire, mais tu lui montres une chaudière, il la répare en deux temps trois mouvements ! » — Un point commun avec Ludwig Wittgenstein, tiens ! (Pour la chaudière, hein, pas pour l'écriture...)
 
19bis.13. À quoi cela sert-il d'être élitiste ? Chaque être apporte sa pierre à l'édifice et puis c'est tout !
19bis.14. Mister H « n'écrira plus jamais parce que plus personne ne lit. » — Accroche-toi ! Continue à écrire coûte que coûte, Bertrand ! Même si tu n'es lu que par une seule personne, ce ne sera jamais une perte de temps !

19bis.15. Lorsque ma vieille grand-mère joue au Scrabble, elle perd. C'est parce qu'elle s'en fiche de gagner : elle joue pour le plaisir de jouer et elle a bien raison !

19bis.16. La voisine de mes parents ne connaît qu'un seul mode d'expression : le cri. — Quelle veine de pouvoir symboliser personnellement un célèbre tableau !
19bis.17. Les entends-tu, toi aussi, les trompettes de la victoire ? Elles marquent le début d'une vie nouvelle. Celle qui consiste à ne plus être esclave du temps et à prendre la vie telle qu'elle se présente comme seul horizon !

19. 17§

19.1. Un des grands mystères de la vie : le nombre important de personnes qui, dans le train, sont plongées dans un roman de Bernard Werber et — c'est là, fondamentalement, que réside le mystère — semblent apprécier ce qu'elles lisent.

19.2. Isaac Asimov non plus ne possédait aucun style, mais au moins il défrichait des territoires !
19.3. Éric-Emmanuel Schmitt, Marc Levy et Bernard Werber forment les trois angles d'un « Triangle des Bermudes » littéraire. Une fois à l'intérieur de cette zone infernale, l'esprit critique disparaît sans laisser de trace (au détriment d'une admiration béate).
19.4. « Pourquoi ? Pourquoi faut-il que tu sois toujours si négatif sur tout ? » — C'est faux, c'est faux ! N'as-tu donc pas lu ce que j'ai écrit récemment sur Les Pingouins de Madagascar ?...

19.5. Plus sérieusement, n'as-tu donc jamais lu ce que j'ai écrit sur les creux et les sillons parcourus par les Fremen de Dune ?... Et sur Enoch Wallace, le fermier du Wisconsin responsable d'une gare de triage pour « extraterrestres en transit » dans le génial Way Station de Simak ?... Et sur les contes du futur de Cordwainer Smith, traversés de part en part par la poésie et l'humanisme ?...  (Si je déteste Werber, ce n'est pas parce que je suis réfractaire à la science-fiction mais au contraire parce que j'en ai beaucoup trop lu pour apprécier cette daube.)
19.6. Lu dans les toilettes d'un train : « You are in a metal snake, on a rock floating through space. » — Énoncé de cette façon, c'est vrai que ça peut paraître totalement surréaliste.
19.7. Pendant que je travaillais, une candidate du FDF (Fédéralistes démocrates francophones) s'est présentée à la maison pour exposer son programme en vue des élections communales à venir. Paraîtrait qu'elle a été accueillie par mon père. — Mazette ! C'est une intrépide !
19.8. Elle a parlé de son implication au sein d'une association dédiée à l'alphabétisation, puis a subitement changé de sujet et s'est mise à critiquer vertement un projet d'accueil des « Gens du voyage » dans la commune. — Mauvaise idée : elle aurait mieux fait de continuer à parler d'alphabétisation.

19.9. J'imagine la feuille de route de cette dame : « Parler des Gens du voyage et, si l'électeur potentiel accroche au discours, continuer sur le thème de l'Islam radical ».

19.10. Comment faire confiance à des personnes qui, pour être élues, prennent pour base les bruissements du discours populaire ?

19.11. À la question « C'est quoi le malheur ? » postée par mon père sur un réseau social, un de ses amis a répondu : « Ces d'etres gouverné par des incapables!!!!! » — Une réponse pour le moins paradoxale.
19.12. « C'est facile de critiquer, Hamilton, mais ce gars, tu lui montres une chaudière, il la répare en deux temps trois mouvements ! » — Un point commun avec Ludwig Wittgenstein !
 
19.13. « Tu n'es qu'un élitiste, voilà ce que tu es ! » — Est-ce élitiste de pointer du doigt un flagrant problème d'orthographe ? — « Oui. » — Ha bon ! Misère !
19.14. Mister H « n'écrira plus jamais parce que plus personne ne lit. » — Quelle importance ? Faut-il être lu pour écrire ?

19.15. Lorsque ma vieille grand-mère joue au Scrabble, elle perd. C'est parce qu'elle refuse de savoir que ce jeu prend ses racines dans la logique et non dans le vocabulaire.

19.16. La voisine de mes parents ne connaît qu'un seul mode d'expression : le cri. Elle hurle sur tout ce qui bouge : son mari, ses enfants, son chien, sa main...
19.17. Les entends-tu, toi aussi, les trompettes de la victoire ? Elles marquent la fin de mon calvaire. Celui qui consistait à courir après ces journées qui toujours s'enfuyaient vers l'horizon du temps !

18. 17§

18.1. De nouveau ces petits « paragraphes péremptoires » à la con. C'est Léandra qui va être contente !

18.2. « Tout cela manquent cruellement de souffle épique » [10.3] : bravo Hamilton ! Quand on écrit vite et quand on ne se relit qu'une seule fois, on en arrive à de telles monstruosités orthographiques !

18.3. Je sais que mes lecteurs sont très laconiques mais face à pareille faute, leur silence s'apparente presque à du sadisme.

18.4. Anubis : une série pour adolescents dont Gaëlle raffole et qui a pour principale caractéristique d'être vide de presque tout contenu. Les étudiants du pensionnat « Anubis » en Angleterre enquêtent sur je ne sais quoi et se rendent, munis de lampes de poche, dans divers recoins de la bâtisse... et il ne se passe rien. — À elle seule, Nathalia Ramos, alias Nina Martin, sauve la série du fiasco.

18.5. Gaëlle est repartie chez sa maman. Des jouets éparpillés dans plusieurs pièces et la télévision restée allumée, en sourdine, sur la chaîne Nickelodeon sont les seuls vestiges de son passage. — Dans toute sensation de manque ou de perte, ce sont les petits détails insignifiants qui réveillent les sentiments.

18.6. Boire de l'Orval dans un verre à Leffe : un affront à frère Xavier !

18.7. Sur les forums de presse, des anonymes critiquent l'argent dépensé par la NASA pour ses programmes spatiaux à vocation scientifique. — Pour une fois que ce putain de billet vert sert à autre chose qu'à l'armement des bombardiers...
18.8. « Allochtones » : celui ou celle qui ne perçoit pas les relents nauséabonds de l'extrême droite dans ce terme utilisé à toutes les sauces, par de nombreux médias mais aussi par certains organismes étatiques, ferait bien d'aller se passer la tête sous l'eau froide pour sortir de sa torpeur...

18.9. Selon la définition standard, je suis un « autochtone » parce que mes parents, mes grands-parents et mes arrière-grands-parents sont restés plus ou moins sur la même petite portion de terre. — Et à bien y réfléchir, je me demande bien pourquoi ils y sont restés, d'ailleurs.
18.10. « Hamilton ! Ne vois-tu donc pas ? Les autochtones partagent depuis des générations la même culture, la même langue, la même religion, contrairement aux allochtones ! » — Ben voyons ! C'est vrai que je me sens appartenir à une vraie communauté d'idées regroupant droite catholique ardennaise et fascistes anversois... (Ironie, je précise.) 
18.11. Il n'existe pas d'allochtones ni d'autochtones. Toute réduction d'un individu vers l'une ou l'autre de ces catégories est une énorme foutaise idéologique, généralisatrice et fantasmée.

18.12. Retour sur la question : « Toi qui es intelligent, qu'est-ce que tu en penses ? » — Je pense que c'est un leurre de croire que quelqu'un considéré (j'insiste sur ce mot) comme intelligent puisse mieux penser et par conséquent donner une meilleure réponse.

18.13. Ce serait même plutôt l'inverse : avec l'esprit, vient le doute.

18.14. Tous ces chroniqueurs qui ont réponse à tout ne peuvent être que des faussaires. Quel que soit le sujet, même le plus obtus, ils ont leur mot à dire. Et ce mot est au service d'une thèse générale préétablie qui jamais ne dévie. Ils se veulent experts en tout et ne sont experts en rien. (Le faussaire Cavada coupant et reprenant Bourdieu.)

18.15. Il faudrait pouvoir lâcher du lest à certains moments ; devant quelqu'un qui a l'air de s'y connaître, dire : « Je ne sais pas si tu as raison, mais je vais me renseigner avant de te répondre. » (Je sais d'expérience qu'il est très difficile de réagir comme cela !)

18.16. J'imagine un débat télévisé sur le conflit israélo-palestinien où l'un des protagonistes n'aurait strictement aucun avis. Il ne ferait que répéter qu'il « ne sait pas ». Est-ce seulement jamais arrivé ?

18.17. Cette histoire de « bonne personne » qui tomberait fatalement sur la « bonne bouteille » est ridicule. C'est pour cette raison que ma vie personnelle n'avance pas !

17. 17§

17.1. Il est impératif — si ce n'est pour la marche du Monde, du moins pour la mienne — que le présent journal soit entièrement à jour lors de mon départ pour la Belle Province. Alors je trace, oubliant pendant quelque temps que je n'ai pas le temps.
17.2. Ce journal est une longue succession de bouteilles jetées à la mer : je ne sais pas pourquoi je l'écris, je ne sais pas pour qui je l'écris et je ne sais même pas si, un jour prochain, un de ces messages sera lu par la bonne personne.
17.3. Une partie de moi chuchote : « Si un message doit absolument être lu par quelqu'un, alors il le sera ! », pendant que l'autre, beaucoup plus cynique et réaliste, lui répond par un énorme « Foutaises que tout cela ! » bien senti.
17.4. L'essentiel change-t-il selon les époques ?
17.5. Peut-être la véritable intelligence n'est-elle pas une question d'adaptabilité à une situation donnée mais au contraire la capacité de ne pas s'adapter du tout, de penser le Monde en se détachant complètement des contingences du temps ? — À l'humain qui réussira une telle prouesse, je donnerai mon chapeau...

17.6. (... et à celui qui me fera remarquer que je ne porte jamais de chapeau, je lui expliquerai que là n'est pas la question.)
17.7. Une définition possible du relativisme : c'est lorsque ma mère s'inquiète du désordre ambiant, alors que je ne vois pour ma part qu'une série d'objets particulièrement bien ordonnés.

17.8. Ce qui me gêne chez les animaux domestiques, c'est qu'ils sont domestiques, justement. Un oiseau est toujours plus intéressant à observer lorsqu'il n'est pas en cage.

17.9. J'ai du mal à comprendre les animaux qui sont trop proches des humains (chiens, chevaux, vers des sables...). Leur proximité me paraît suspecte et j'ai tendance à les considérer soit comme stupides car non libres, soit comme fayots (ce qui est encore pire).

17.10. Le chien fait presque figure d'exception dans cette histoire. Il a croisé le chemin de l'humanité il y a si longtemps qu'il en est presque devenu le complément naturel. Si un chien est totalement libéré de ses chaînes, ce n'est plus vraiment un chien.

17.11. Malgré toutes les apparences, j'adore les chats. Ce que je déteste, c'est le chat domestique, ce petit couillon au poil lustré qui se fait servir du Whiskas® spécial Oméga3 par son maître totalement gaga de lui. Le chat, c'est l'inverse du chien : s'il n'est pas totalement libéré de ses chaînes, ce n'est plus vraiment un chat.
17.12. La question du bruit que fait l'arbre qui tombe dans la forêt quand personne n'est là pour l'entendre, si elle est prise au premier degré, est d'une grande platitude. Mais comment est-il possible de la prendre au premier degré ? — Eh bien j'ai pourtant dans mon entourage familial des gens qui à coup sûr ne la comprendraient pas. (« S'il tombe, il fait quand même du bruit, qu'il y ait quelqu'un ou non ! » ou « Bah oui, il ne fait peut-être pas de bruit... Et alors ? »)
17.13. Si on l'aborde sous l'angle de la métaphore, cette phrase prend un sens complètement différent. La forêt, c'est l'Univers, et la question se transforme en quelque chose comme : « Quel existence aurait l'Univers si aucun observateur conscient n'était là pour l'observer ? » — Mais la question de l'arbre qui tombe exprime cette pensée beaucoup mieux que n'importe quelle autre interrogation plus directe.
17.14. La fameuse question de Leibniz, « Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? », s'inscrit dans le même sillage, mais contrairement à la précédente, elle semble réellement attendre une réponse, qui forcément ne viendra jamais : s'il n'y avait rien, je ne pourrais pas me poser la question. 
17.15. (L.W.) Les termes « quelque chose » et « rien » sont ici détournés de leur usage courant et cette prétendue question philosophique n'en est pas une. — En raisonnant d'une autre manière (en donnant aux mots leur sens usuel), elle n'existerait même pas.
17.16. Il m'est extrêmement difficile de m'imaginer que l'Univers ne poursuit aucune finalité particulière. — Et pourtant, c'est peut-être le cas ! (Si j'observe la longue chaîne d'événements improbables qui a donné la possibilité à la matière de devenir vivante puis consciente de sa propre existence, je me dis que nous ne devrions pas être là.)

17.17. Et si nous étions une formidable erreur ? — Et si nous étions les seuls êtres vivants dans l'Univers à nous poser ce genre de question ? — Et si nous étions les seuls et uniques observateurs ? (Quelques milliards d'entités conscientes sur une planète paumée au sein d'un gigantesque ensemble d'objets célestes tournant à vide.)

16. Le monde accéléré

16.0. Dans une volonté toujours extrêmement vivace de rendre ce blog le plus inintéressant possible, aujourd'hui, je m'amuse à poster les résultats de mes expériences de vidéos accélérées [14.2]. Le principe est toujours le même : poser mon vieil appareil photo quelque part et le régler de telle manière qu'il prenne des photographies selon un intervalle de temps déterminé à l'avance, pour ensuite regrouper les photos au sein d'une vidéo qui les diffuse à raison de 25 ou de 12,5 images par seconde. Le but est de montrer la marche du monde à un rythme différent, difficilement perceptible par nos sens : le mouvement de la Lune, la projection des ombres sur le sol...

16.1. Lever de Lune. La nuit, j'ai posé mon appareil photo à la fenêtre de ma chambre, dans la maison de mes parents. L'idée était de photographier le lever de la Lune puis, au petit matin, celui du Soleil. Les photos, espacées de 5 minutes dans le temps réel, sont diffusées à raison d'une image tous les 8 centièmes de seconde, soit à une vitesse 3750 fois plus grande que la normale. Résultat : on voit la Lune se lever au début de la vidéo (en haut à gauche), puis arrive le jour, et les nuages défilent sans discontinuer...

16.2. Dissipation des nuages. Ensuite, les nuages disparaissent pour laisser la place à un joli ciel bleu. Sur cette seconde vidéo, les photos ne sont plus espacées que de 30 secondes l'une de l'autre, à raison de 25 images par seconde, soit une accélération de 750. Ce petit film permet de cerner un phénomène difficilement perceptible à l'œil nu, à savoir que tous les nuages présents dans le ciel ne se déplacent pas dans la même direction selon qu'ils sont proches du sol ou en très haute altitude (influence des grands courants de type jet stream).


16.3. Ombres. La troisième vidéo est filmée à partir de la sapinière de mes parents. Elle montre la progression des ombres à raison d'une photo par minute, à du 25 images par seconde. Commentaire de mon cousin Fridric : « Ouais, bon, t'as filmé un cadran solaire géant, quoi... » — Ce n'est pas très palpitant, je l'avoue.

16.4. Route. Dans la quatrième vidéo, j'ai filmé la route devant la maison. (Oui, je sais, c'est terriblement sexy.) On y voit à nouveau la formation des nuages, les changements d'ombre, mais aussi le passage furtif de quelques voitures ou piétons. (1 photo toutes les 30 secondes, à du 25 images/seconde.)

16.5. Je maîtrise désormais la technique... La prochaine fois que je posterai une vidéo de ce type, je me fais la promesse solennelle que ce sera un tout petit peu plus intéressant...

15. « À chaque casserole son couvercle »

15.1. Sur la grande cour devant la maison, toute la famille est réunie. Grande-tante Marcella — 77 ans au compteur — est là. Elle parle, parle, parle encore. Elle n'arrête pas de parler. Quand sa fille la rejoint en fin d'après-midi, elle parle aussi. À deux, elles parlent, parlent, parlent, encore et toujours. Elles n'arrêtent pas de parler... Deux fois plus.

15.2.
Ce flot continu de paroles me rend nerveux. Tellement nerveux qu'après deux heures de logorrhée mère/fille presque ininterrompue, je ressens le besoin de m'enfermer dix minutes dans ma chambre, avant de reprendre le chemin du Front.

15.3. « Toujours pas de copine, Hamilton ? me demande Marcella.
(Je quitte lentement des yeux mon écran d'ordinateur pour la regarder.)
— Non, toujours pas.
— Et c'est pour quand ?
— Jamais.
Ooooh... À chaque casserole son couvercle, pourtant, comme on dit.
— Ouais, peut-être, mais là, j'ai dévalisé les armoires de la cuisine sans en trouver une seule.
— Les casseroles sont trop petites pour ton couvercle, c'est ça qu'il y a !
— Oui, c'est ça... "Les casseroles sont trop petites." »

15.4. « Michel Daerden, il avait un gentil regard. C'est ça, il avait un regard gentil. Moi, j'ai un regard méchant. Je n'en peux rien. J'ai un regard méchant. Je suis née comme ça. Mais Michel Daerden, il avait un regard gentil, ha ouais, ha ouais, ouais, ouais ! »

15.5. « Et Michèle Martin ? Moi, je ne sais pas... Je ne suis pas très futée, mais vous en pensez quoi, vous, de sa libération ? Je ne sais pas, moi, bah ouais, ha ouais. Non, je ne sais pas... Je ne sais pas, je ne sais pas. Elle n'aurait pas dû sortir de sa prison, non ? Et toi Hamilton ? Tu en penses quoi, toi qui es intelligent ?
— Euh... »

15.6. La fille : « Il travaillait dans l'Horéca mais il a fait un gros burn out. Et il a dû arrêter de travailler pendant un an. Sans rire, avec sa dépression, s'il avait continué, il aurait tué tout le monde dans le restaurant : les clients, son patron... » — Ha ! Comme John Cleese avec son hachoir dans le fameux sketch du restaurant du Monty Python Flying Circus !
« You bastards! You vicious, heartless bastards! Look what you've 
done to him! He's worked his fingers to the bone to make this place 
what it is, and you come in with your petty feeble quibbling and 
you grind him into the dirt, this fine, honourable man, whose boots 
you are not worthy to kiss. Oh, it makes me mad. Maaaaaad! »
15.7. « Oui, Gaëlle, pour le moment, elle croit en Dieu, tout ça... 
— Ha ? Roberto, lui, il a des "visions", m'explique Aude. Il affirme qu'il est capable de voir les gens à travers les portes et les murs. Ce genre de chose... »
(L'une se prend pour Jésus, l'autre pour Superman : ça promet !)

15.8. « Moi, je vois des gens la nuit, raconte la même (40 ans). Je me réveille et je vois des silhouettes à la périphérie de mon regard. Je suis certaine de ne pas rêver et qu'il y a vraiment un inconnu. Alors, je sursaute, je crie et Fridric me demande ce qu'il y a... Mais j'ai peur de passer pour une folle, alors je fais semblant de rien.
— Tu vois un inconnu dans ta chambre la nuit et tu fais "semblant de rien" ? »
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14. Frondaisons

14.1. Hier soir, la lumière solaire qui passait à travers les frondaisons de la propriété familiale était tellement jolie que j'ai eu envie de la photographier. Mais ce qui paraissait si beau à l'œil nu le fut beaucoup moins après être passé par l'objectif de mon petit Canon Ixus 115 HS... Ainsi, sur la quarantaine de photos réalisées, seules quelques unes valent la peine — et encore ! — d'être postées dans ce journal. Autrement dit : impossible de faire de belles photographies avec cet immonde appareil compact... Toutes les teintes, toutes les couleurs qui me semblaient si naturelles apparaissent totalement dénaturées à l'écran. Force est de constater que, même si j'ai à ma disposition trois appareils photos — le vieux bridge, le présent compact et l'ancêtre analogique Leica dont le boîtier laisse hélas passer la lumière —, aucun ne tient vraiment la route. Il faudra bien qu'un jour, je me procure un vrai reflex numérique.

 
 
14.2. Ce samedi, je me suis dit que j'allais essayer de capter la lumière du soir d'une autre manière, à l'aide de mon vieux bridge. En fin d'après-midi, j'ai donc posé ce dernier sur une chaise à l'orée de la sapinière et je l'ai programmé pour prendre une photo toutes les 30 secondes. Avant que sa batterie pourrie ne tombe en rade, il a pris 332 vues sur 9660 secondes d'intervalle de temps (2h41), que j'ai ensuite assemblées sur mon ordinateur pour arriver à une vidéo alignant les prises à raison d'une vue tous les vingtièmes de seconde. Cela donne au final un film d'un peu moins de 17 secondes où l'on peut observer l'ombre des arbres se déplacer en vitesse accélérée avec pour fond sonore du Ligeti compacté. — Je ne sais pas pourquoi j'ai choisi d'accélérer ce morceau en particulier car le résultat s'avère horrible, d'abord pour la mémoire de Ligeti mais aussi pour nos pauvres oreilles.

14.2.1. Quoi qu'il en soit — et c'est le principal —, je voulais savoir s'il était possible de réaliser facilement ce genre de vidéo. La réponse est clairement : oui. En conséquence, j'ai envie de tester ce nouveau gadget sur une série d'objets : des fleurs, des champignons (il faut néanmoins que je règle avant tout le problème de la batterie qui tombe trop vite à plat), des escargots mais aussi des scènes de la vie courante, des voitures qui passent, etc. (La suite au prochain épisode...)

13. Cinéma de quartier

13.1. En 2008, un passionné du grand écran du nom de Vivian Audag a eu la très bonne idée de faire revivre un vieux cinéma de quartier, à salle unique, à quelques kilomètres de chez mes parents. Il s'agit du Ciné Caméo, installé à côté de l'église Notre-Dame des Alloux, à Tamines. Enfant, j'ai connu la fin de l'âge d'or de ces petits cinémas, qui ont pour la plupart été contraints de fermer face à la concurrence des gros mastodontes concentrés en périphérie des grandes villes (à Charleroi, le monstre a pour nom Carollywood). Le Ciné Caméo est un beau projet et rien ne le distingue des autres cinémas (les sièges sont molletonnés, l'écran est de bonne taille...) si ce n'est le prix de la séance, qui est beaucoup plus démocratique que celui proposé par les grandes chaînes (5 €), et la préposée au guichet, qui s'occupe de tout : elle vend les tickets ainsi que les popcorns durant l'entracte, elle nous souhaite un bon film (!) avant de fermer les portes. S'occupe-t-elle aussi de la bobine ? — Non, car il ne s'agit plus d'une bobine : le cinéma, avec l'aide de la Province de Namur, est passé il y a peu au numérique.

13.2. Aujourd'hui, je vais voir avec Gaëlle Madagascar 3 : Bon baisers d'Europe, la suite de la suite de Madagascar. Pour ceux qui débarquent ou qui s'en foutent, les films d'animation de la franchise Madagascar mettent en scène une série d'animaux du Zoo de Central Park qui un jour s'enfuient pour tenter de découvrir la vie sauvage. Les quatre principaux protagonistes sont Alex le lion, Marty le Zèbre, Gloria l'hippopotame et Melman la girafe. Dans le troisième opus, dont il est question aujourd'hui, les quatre compagnons sont enfin en Afrique mais ils s'y ennuient à mourir. Ils décident donc de rejoindre les quatre pingouins et les deux singes (tous deux déguisés en « Roi de Versailles » pour l'occasion), partis dépenser leur argent au Casino de Monte-Carlo. La suite de l'histoire se déroule dans divers pays d'Europe (France, Italie, Angleterre) où les animaux, traqués par une véritable psychopathe issue de la police animalière monégasque, rejoignent un cirque ambulant.

13.2.1. Pour avoir une chance d'aimer ce long métrage, il faut faire très attention à surtout ne pas trop réfléchir, car le scénario est famélique et certains gags totalement éculés, même pour les enfants. Les quatre personnages principaux sont énervants, mais ça, je le savais déjà. Je commence d'ailleurs à avoir l'habitude car, quel que soit le film d'animation américain à grand spectacle que je visionne, j'ai l'impression que les scénaristes sont allés pêcher les profils psychologiques de leurs personnages principaux dans une banque particulièrement maigre de « fiches-types » : le monstre au grand cœur (Alex le lion, Jacques Sullivan dans Monstres et Cie...), l'idiot gaffeur (Marty le Zèbre, l'âne dans Shrek, l'ignoble Jar Jar Binks dans Star Wars), etc.

13.2.2. Pour avoir accès à un peu d'originalité, il faut se tourner vers certains des personnages secondaires : Vitaly, le fier tigre russe qui a vu sa carrière tomber en lambeaux lors d'une tentative ratée de passage à travers un très, très, très petit cerceau enflammé ; Sonya, la grosse oursonne taciturne arborant un ridicule tutu, dont le roi Julian tombe directement amoureux ; la capitaine Chantel DuBois, sorte de « Terminator » de la traque animale ; le producteur de cirque, parodie très réussie de Texan à chapeau, qui se fait servir ses popcorns par... un aigle royal !

13.2.3. Et puis il y a les quatre pingouins ! Présents dès le premier épisode de Madagascar, ces quatre-là sont une véritable trouvaille, au point que DreamWorks a décidé d'en faire une série télévisée dérivée qui passe actuellement sur la chaîne Nickelodeon. — À tous ceux qui pensent que je critique tout ce qui est vu par plus de 32 personnes, sans jamais rien encenser, je réponds : « Non ! Car il y a les Pingouins de Madagascar ! » D'abord Skipper, le chef. Portrait craché du commandant yankee républicain et paranoïaque, il transforme la moindre action en vaste opération militaire... Le genre à détester les hippies et les anarchistes, qui sapent les bases de la glorieuse nation américaine bla-bla-bla. Ensuite, Kowalski, le cerveau du groupe. Inventeur de génie, il analyse à l'excès chaque situation en des termes scientifiques. Malgré son côté très « intello », il ne sait ni lire, ni écrire et communique à l'aide de dessins à l'allure très enfantine. Rico, le spécialiste en armes. Il ne dit quasiment jamais rien et vit une relation amoureuse avec une poupée en plastique. Il a la capacité physique de dégurgiter divers objets utiles au reste du groupe. Il semble mentalement déficient mais ça reste à prouver. Enfin, Private, le petit dernier. Très peureux et très sensible, il est aussi très bon en déchiffrement. C'est la caution morale du groupe. (Ça, ce sont des personnages !)

13.2.4. Vues sur la Toile : de nombreuses critiques selon lesquelles Madagascar 3 véhiculerait une esprit antifrançais. Pour preuve, cette remarque du pingouin Skipper, ironisant sur le système social en vigueur dans l'Hexagone : « En France, ils ne travaillent que deux semaines par an ! »... Pour preuve toujours, le personnage très négatif de la policière monégasque (présentée comme française par la suite), ou encore la toute fin du film, où les méchants policiers de la brigade animale se retrouvent enfermés dans des caisses estampillées « Freedom fries » (terme péjoratif désignant les « french fries », utilisé principalement par la droite américaine lors du refroidissement des relations diplomatiques entre les États-Unis et la France, pendant la guerre en Irak). — Je ne suis pas certain qu'il faille voir dans ces extraits un exemple de propagande antifrançaise. La remarque de Skipper est typique du personnage (voir ci-dessus). Quant aux autres références, elles doivent à mon avis plus être vues comme des clins d'œil, stéréotypés certes, mais sans conséquence. D'ailleurs d'autres nationalités en prennent pour leur grade : le clown idiot italien, le Russe qui vit dans le passé, le producteur texan à chapeau... Bref, pas de quoi en faire un Camembert... (Mais je me trompe peut-être complètement. Peut-être est-on réellement dans une tentative consciente de « french bashing » ? Vu que le sujet ne m'intéresse que très modérément et que, par ailleurs, je suis très en retard dans mon écriture, je ne creuserai pas le sujet.)

12. Embrouille chez les MacMeasy

Monsieur l'historien,
Camarade Hamilton !

Le Commandant de la Régionale ardente a relu avec la plus grande attention ton texte sur l'histoire de notre Division. Il dit avoir appris beaucoup de choses. C'est un bon travail. C'est bien écrit.
Mais — et il y a forcément un « mais », car pourquoi aurais-je mis en avant tous ces points positifs dans mon préambule si ce n'était pour mieux te faire digérer ce qui suit ? — notre Commandant a eu comme un blocage. Un gros blocage, qui se cristallise autour d'un seul et unique point.

Voilà : il trouve que le nom de « MacMeasy » apparaît à de trop nombreuses reprises dans ton article. Oh, j'ai bien essayé de lui expliquer que Marius MacMeasy fut le glorieux fondateur et l'estimé commandant de notre bien-aimée Division régionale ; qu'il y est resté en poste pendant plus de vingt ans ; qu'au début il a pratiquement tout construit à lui tout seul ; et enfin qu'on le verra moins par la suite puisqu'il sera remplacé par Bastien Durrée, le grand, le magnifique, le terrifiant Général wallon ! Mais il n'a rien voulu savoir.
Il refuse également que la femme de Marius MacMeasy, Nina, qui a pourtant joué un rôle primordial dans notre histoire, soit mise en avant. Je le cite : « Quelle importance qu'elle soit sociologue et patati et patata ? », ou encore : « Rien à battre qu'elle ait fait de la moto pour mettre en place des piquets de grève ! » — Tu l'auras compris : le Commandant est furieux dès qu'il entend parler du Clan MacMeasy... Mais c'est le Commandant, et on ne discute pas l'avis du Commandant.
(Je croyais que la colère de ce dernier allait s'estomper lorsqu'il jetterait un œil au texte de Charlotte consacré à l'histoire plus ancienne, mais je viens moi-même de le relire et, à nouveau, le nom de Marius MacMeasy y apparaît à plusieurs reprises ! Ce bougre de MacMeasy a eu la mauvaise idée d'être un compagnon de route de René Dranard avant et pendant la guerre !)
Bref. Il y a, je pense, au sein de notre Division, un sérieux problème autour du Clan MacMeasy. Un problème tellement énorme que je ne peux à aucun moment imaginer qu'il ne s'agisse que d'une simple question de jalousie d'un nouveau chef envers l'ancien, qui plus est aujourd'hui décédé. Peut-être une histoire d'amour tragique ? Ou un trésor enfoui dans les caves de notre Forteresse ?

Je te demanderai donc, en toute amitié, de revoir ton texte en conséquence.
Je sais que l'on ne peut supprimer complètement toute référence à Marius MacMeasy, mais il y a certainement moyen d'éviter le courroux du Chef Suprême en remplaçant le plus fréquemment possible son nom dans l'article. Par exemple, ne pourrais-tu point utiliser dans ton texte le terme de « commandant de l'époque » ou bien encore tout simplement « il » en lieu et place de « Marius MacMeasy » ?
Il serait sans doute aussi beaucoup plus diplomate de supprimer complètement les parties où Nina MacMeasy apparaît de manière trop importante. Je pense particulièrement à cette charge de cavalerie à Chaudfontaine ou encore à son implication dans le grand combat de l'hiver 1960-1961.

Autre chose : j'ai remarqué que tu utilisais dans ton texte des termes connotés idéologiquement. Nous sommes de gauche, Camarade ! Merci par conséquent de remplacer « acquis sociaux » par « conquêtes sociales », « délégués retors » par « délégués combatifs », et ainsi de suite...
Enfin, il conviendra de revoir tout le système de notes. N'oublions pas que la majeure partie du public-cible est constituée de simples soldats. Il faut donc beaucoup de belles images, un peu de texte et le moins possible de notes de bas de page.

Haut les cœurs ! Je suis certain qu'en supprimant ou en révisant les trois quarts de ton texte, voire plus, nous arriverons à une solution satisfaisante pour tout le monde.

Cordialement,

Cornélius
P.S. : Cette missive pouvant passer pour une demande particulièrement corsée de censure historique, je voulais absolument que tu saches qu'il s'agit en effet d'une demande particulièrement corsée de censure historique.